

Le monogramme contenait déjà le site
Le point de départ tenait dans un carré de quelques centimètres. Le monogramme de Kimeia est une grille de pastilles où certaines restent isolées et d’autres fusionnent en liaisons — une image de réseau, ou de partition.
Il est écrit en quatre couleurs : cyan, magenta, rouge et ambre. Une par société. Le sujet du groupe est énoncé avant qu’un seul mot ne soit lu : des entités distinctes, et ce qui les relie.
Tout le reste du site découle de cette lecture.
Quatre sociétés qui doivent parler d'une seule voix
La difficulté n’était pas de dessiner une page d’accueil, mais de trouver la règle qui tiendrait sur toute la longueur : Abalon, Aerow, Bizkor et Adikts devaient rester identifiables — ce sont elles qui portent les références, les certifications et l’antériorité — tout en cessant d’apparaître comme quatre prestataires juxtaposés.
D’où le parti pris : une mise en page unique, tenue de bout en bout, et une seule variable qui change — la couleur. Le lecteur ne peut pas confondre les marques, et ne peut pas non plus les croire étrangères l’une à l’autre.

La marque devient le masque
Le geste central du site est là : les formes du monogramme, agrandies à l’échelle de l’architecture, servent de masque aux photographies.
Chaque panneau est coupé en deux. À gauche, une image que les pastilles et leurs liaisons viennent découper. À droite, un aplat de couleur et le texte. Le motif n’est jamais posé sur la page comme un ornement : il est ce qui donne sa forme à l’image.
Et comme chaque société possède déjà son fragment de la grille dans son propre logo, le masque de son panneau est construit avec sa propre forme. La signature du groupe et celle de la filiale sont littéralement le même dessin, à deux échelles.




Une progression, pas un catalogue
Les quatre marques ne sont pas présentées en grille, comme on aligne des filiales sur une page « nos sociétés ». Elles arrivent l’une après l’autre, en pleine hauteur d’écran, dans une suite de huit panneaux qui commence par le groupe et finit par ses quatre voix.
La couleur suit la progression : bleu marine du groupe, puis ambre, magenta, cyan, rouge. Chaque société reçoit deux registres — un aplat saturé côté image, un fond très clair côté texte — ce qui laisse la couleur être franche sans jamais rendre le texte illisible.
C’est la métaphore du chef d’orchestre prise au mot : on entend les instruments, puis l’ensemble.


Sur mobile, le masque s’efface
Le masque a besoin de deux colonnes pour exister. Sur un écran étroit, il n’a plus de place — et le forcer aurait produit une découpe illisible sur une photo minuscule.
Le panneau se déplie donc : l’image reprend toute la largeur, sans découpe, et le bloc de couleur passe dessous avec le texte. La séquence, la couleur et la hiérarchie restent intactes ; seul l’effet qui ne survivait pas au format est abandonné plutôt que dégradé.
Puis le site change de rythme
Une fois la démonstration faite, la page abandonne les pleines hauteurs et redevient un site classique : l’équation des services en quatre cartes, les alliances technologiques, les témoignages, les chiffres, une FAQ, le contact.
Ce changement de rythme est délibéré. La partie haute doit convaincre — elle prend l’espace, la couleur, le plein écran. La partie basse doit prouver — elle va au fait, en cartes et en listes. Sur toute la longueur, une seule famille typographique, DM Sans, dont les formes géométriques rondes répondent aux pastilles du monogramme.




Ce que ce projet montre
Kimeia est un cas d’école de marque ombrelle : le problème n’est pas esthétique, il est structurel. Quatre sociétés, quatre héritages, une seule adresse.
La réponse tient dans une règle unique, tenue sans exception : un seul gabarit, une seule variable. Le monogramme fournit à la fois la forme, le système de couleurs et la métaphore — de sorte que la cohérence du groupe n’est pas affirmée dans un texte, elle est démontrée par la mise en page.
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